

Que la justice et la paix jaillissent ”est cette année le
thème du Temps œcuménique de de la Création, inspiré des
paroles du prophète Amos : « Que le droit jaillisse comme une
source ; la justice, comme un torrent qui ne tarit jamais » (5, 24).
Trois ans déjà que le Seigneur m’a appelée à cette terre de mission bénie. Je croyais que
l’inculturation serait plus rapide, mais voici que les difficultés et les défis sont nombreux. Pour faire partie
de l’Afrique Noire, les ‘blancs’ = Yovo sont tous regardés de plus en plus avec un regard méfiant et on
nous associe avec ceux qui ont pratiqué une colonisation agressive et, malheureusement, destructive,
voir les coups d’État dans les pays voisins. Le Niger est notre plus proche voisin, où la France n’est plus
bienvenue, si bien qu’on demande le retrait immédiat de son ambassadeur. Le peuple se réveille et
demande justice. Burkina Faso, Mali, Gabon par des coups d’État ont installé des militaires au
gouvernement d’autres pays proches aux élections sont dans un climat de tension. Le Bénin, lui, jouit
encore d’un climat pacifique et des perspectives de développement en expansion, surtout du point de
vue de l’amélioration des infrastructures comme les autoroutes ; du côté du social, c’est encore très lent.
Le travail de la Pastorale de la Première Enfance (PPE) continue d’avancer à petits pas. Nous avons
fait une première formation à deux nouvelles paroisses et une station dans un nouveau diocèse appelé
Dassa, plus au Nord. Il est impossible de vous raconter toutes nos aventures causées par les nombreuses
pannes de voiture et toutes les situations impensées, mais juste pour vous donner une idée, nous avons
eu recours au mécanicien trois fois en 24 heures pendant notre voyage à Dassa. Toutefois, même si le
radiateur chauffait, nous nous sommes rendus le premier soir sous l’appui de la Vierge Marie, que nous
avons priée pendant le chemin par les 4 chapelets (4 heures de route).
La PPE est donc maintenant sur 10 sites !!! Avec encore quelques paroisses en perspective d’ici
quelques mois. Comment ne pas me rappeler des débuts du PSF-QUALIS au Brésil sur les 9 premières
unités de base- santé de famille ? C’est gratifiant de voir la qualité des agents qui ont maintenant trois
ans d’accompagnement et de voir avec quelle assurance ils accompagnent leurs enfants, orientent les
femmes enceintes, savent discerner quand les enfants ont vraiment besoin d’aide et encouragent les
parents à les amener au centre de santé. Les défis sont plus ardus quand la famille n’a aucune ressource
pour payer les soins minimes ou la femme est la 2ème ou 3ème épouse du mari et il la laisse de côté. Alors,
dans certains cas, nous devons les aider à financer les soins, parce que le gouvernement
malheureusement ne finance rien. Et des enfants meurent.
En même temps qu’on se réjouit du développement des agents, et de plusieurs familles que nous
avons pu aider et orienter, ces deux derniers mois en particulier, nous avons perdu plusieurs enfants, au
moins 12 dans les deux derniers mois. C’est un trop grand nombre, car il s’agit de maladies qui peuvent
être prévenues, comme la malaria. Un tiers des enfants qui meurent en bas de 5 ans au Bénin, et dans la
plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, meurent en raison de la malaria, de l’anémie provoquée par des
infections à répétition non traitées et d’une malnutrition sous-jacente. Cette année a été particulièrement
meurtrière : en plus de la mort d’un de nos enseignants de 44 ans d’un accident vasculaire cérébral (AVC),
deux enfants de deux autres instituteurs sont aussi décédés à cause de la mala
Encore aujourd’hui j’ai reçu la nouvelle qu’une des enfants accompagnés par un agent de la
pastorale est décédée. Elle s’appelait Victoire. Depuis la semaine dernière nous l’accompagnions
puisqu’elle avait à peine deux mois et sa maman a été hospitalisée…La famille a commencé à lui donner de la bouillie, elle était plein de candida (champignon dans la
bouche et sur les fesses) et elle ne faisait que pleurer. Nous avons traité les champignons et bien
orienté la famille et avons fourni du lait en poudre pour bébés… mais les orientations n’ont pas été
suivies et l’enfant a dépéri… La famille est résignée, Dieu l’a voulu ainsi. Elle a été enterrée dans la cour
de la maison. Sans cérémonie.
Avec l’agrandissement de la PPE, les dépenses augmentent aussi. En plus de l’argent nécessaire
pour maintenir la voiture qui sera bientôt remplacée, grâce à une campagne de ma famille, anciens
collègues de ma graduation de médecine et parents de la Villa, les dépenses pour le soutien aux agents
(formation) et aux familles en difficultés, enfants et femmes enceintes est un robinet ouvert. Tous les dons
aident à solidifier cette grande chaîne de solidarité et chaque enfant sauvé, chaque maman qui accouche
un enfant en santé est un investissement pour améliorer la santé de la population du Bénin. Tout cela
grâce à vous, tous et chacun, qui m’appuyez par votre prière et vos dons, des plus petits aux plus grands.
Le nombre de cas plus complexe croît aussi et Dieu est tellement bon qu’il envoie des anges pour chacun
des enfants qui ont de plus grands besoins. La dernière petite aidée s’appelle Mélodie, âgée de 3 ans (et le
nom de son frère est Harmonie) et souffre de la maladie de Blount, caractérisée par un défaut de
croissance de la partie interne du tibia au niveau de son extrémité supérieure conduisant, de façon
progressive, à une déformation des jambes qui se traduit par des jambes arquées. La famille n’avait aucun
moyen de subvenir à la chirurgie et à toute la réhabilitation qui s’en suivra.
Coût total de la chirurgie seule 600 000 FCFA – 914 Euros -1336 Can$ – 4895 réais
Le salaire minimum est 52 000 FCFA – 80 Euros – 116 Can $ – 424 réais
Une dame, professeure de notre école de Foggia s’est sensibilisée pendant notre chapitre en Italie et a
tout financé. Merci de tout cœur. Des photos d’avant et d’après la chirurgie suivent.
A l’hôpital de Zinvié, nous avons terminé la planification stratégique demandée par le
gouvernement. Cela a demandé beaucoup d’heures et si elle se réalise, l’hôpital de Zinvié atteindra un
niveau plus élevé de possibilité de service pour toute la région avec beaucoup de réalisations. Nous
sommes aussi en train de monter un projet pilote pour un partogramme digitalisé pour monter des lignes
de références entre les maternités avancées et la maternité de référence (un vrai réseau). Si cela
fonctionne, ce sera quelque chose qui aidera les femmes, et réduira surement la mortalité maternelle et
infantile encore trop élevée au moment de l’accouchement.
Enfin, dans la deuxième semaine de septembre je participerai d’une sensibilisation pour
l’implantation des soins palliatifs au Bénin. C’est un concept très peu connu et qui serait très nécessaire,
puisque déjà beaucoup de personnes souffrant de cancer ou d’autres maladies terminales arrivent à
l’hôpital à la recherche de soulagement, et très peu de thérapie leur sont offertes. La morphine n’est pas
encore disponible dans tout le Bénin… mais cela va changer bientôt, avec la grâce de Dieu.
Merci encore pour tout votre soutien, surtout spirituel. Les messages et paroles d’encouragement
sont toujours très appréciés et donnent beaucoup d’énergie et de joie. Et l’aide financière… bon, sans elle,
impossible de faire avancer la mission et de continuer d’aider toutes ces familles. Sans vous, la mission se
tournerait inviable. Que Dieu vous bénisse et vous le rende au centuple
Union de prières,
Sœur Monique
tel : +229.61.14.43.26
email: bourgetmonique25@gmail.com
https://www.bourgetfoundation.org/about-us/ pour un don.