


Cette année, une délégation de 21 personnes participe au séjour au Bénin pour le compte de l’association des Marcellines sans Frontières. Le grand départ avait lieu mercredi 18 octobre et le point de rendez-vous était l’aéroport de Genève.

Un tel séjour ne s’improvise pas. Après plusieurs réunions et un week-end d’intégration dans le Doubs à Mignovillard, la délégation des MSF étaient enfin prête, affublée de ses trois valises par personne, remplies de livres, de vêtements ou encore de matériel de sport…
Première impression de sortie de l’avion : la chaleur entoure tout le monde d’un seul coup. La chaleur du climat équatorial tout d’abord. La chaleur de l’accueil alors qu’il est pourtant très tard. Une délégation des Marcellines de Golo-Yekon est en effet sur place. Les 21 MSF les aident à placer les valises sur le toit des deux minibus, direction le nord de Cotonou et l’école dans laquelle tout le monde va bientôt pouvoir dormir.Mais avant cette ultime étape d’une journée déjà bien remplie, il faut encore filer dans la nuit béninoise entre les camions et les zems (les motos) pour quelques dizaines de kilomètres encore.

La délégation des Marcellines sans Frontières se réveille au son de la rumeur des enfants qui accourent à l’école. Quelle heure est-il ? Suffisamment tôt pour s’activer au rythme de Golo-Yekon Après le petit-déjeuner, les 21 MSF se dirigent vers la cour intérieure. Tous les écoliers, de la maternelle au collège, font face aux élèves de terminale de l’ISM et aux adultes qui les accompagnent. C’est le moment de la levée du drapeau.
Passé ce moment solennel et très chaleureux, la délégation des MSF s’organise pour mettre en place les premières activités : cours d’EPS, atelier théâtre et atelier danse, préparation de la journée olympique (confection de médailles en bois et de caisses à savon). L’emploi du temps se déroule sans temps mort ou presque.Les élèves de l’école béninoise s’activent autour des 21 MSF, curieux et heureux de recevoir ces invités exceptionnels. Quelle énergie ils ont à transmettre !




Au-delà des murs de l’école s’étale le village de Golo. L’après-midi est déjà bien entamé quand les 21 MSF prennent le chemin de la piste pour aller saluer le chef du village : encore un moment très solennel dans cette première journée.
Puis direction l’école publique pour aller constater l’état d’avancement du terrain de volley-ball financé par la soirée béninoise du 13 octobre dernier. C’est Franc, le charismatique professeur d’EPS qui fait l’accueil. Le terrain sera prêt dans quelques jours et l’inauguration pourra se faire avant la fin du séjour.



Tout commence à se mettre en place à un rythme presque habituel désormais : les ateliers, les activités, les rencontres…Les élèves de l’école de Golo Yekon ne se font pas prier pour suivre ce rythme. Ce sont de véritables moments de partage e, d’enthousiasme et de découvertes mutuelles que tout le monde peut vivre.




Les professeurs de l’école ne sont pas en reste. Le week-end a déjà commencé pour eux, mais ils acceptent l’invitation des 21 MSF de venir partager un moment en fin de journée avec eux. Au programme, des parties de jeux de société durant lesquelles tout le monde joue et rit de bon cœur
Petit moment hors du temps : le poète Aboubacar vient d’arriver. Il intervient dans les écoles, les collèges et les lycées de la région, ainsi qu’à l’université. Il est là pour dire d’accord à un projet d’écriture commun entre Cécile et Estelle, les enseignantes de CM2 en France et en Suisse, et Migan, l’enseignant de la classe de CM2 de Golo. Au bout de ce projet, il y aura un recueil de poèmes écrits par des élèves de trois pays sur le thème des valeurs de l’olympisme, et illustré par un dessinateur béninois.
Les rencontres, les jeux, les livres : une petite leçon de choses à l’école. Mais le week-end a déjà commencé et il va falloir s’adapter à un nouveau rythme et de nouvelles découvertes…
On prend la route vers AbomeyAbomey est une ville mythique au Bénin, l’ancienne capitale du royaume du Dahomey. Pour les élèves et leurs accompagnateurs, ce sont alors des histoires de palais, de grandes places, de conquêtes et d’Amazones qui surgissent des hauts murs et de la terre rouge de la ville. Des histoires qui remontent au XVIIème siècle, d’abord racontées oralement, puis mises par écrit progressivement un siècle plus tard.
Prendre la route, c’est une expression souvent utilisée au sens figuré. Aujourd’hui, l’expérience est bien réelle : il n’y a qu’une route, elle est rectiligne ou quasiment, bordée de petites échoppes où l’on vend de tout (des bananes, de la papaye, de l’essence, du charbon…) et de maisons plus ou moins en bon état, jonchée de nids de poules et de dos d’âne. Seuls de véritables experts comme les conducteurs Achille et Eustache peuvent la dompter.




Aujourd’hui à Abomey, il reste une quinzaine de grands palais, ou plutôt des ensembles palatiaux constitués de plusieurs entrées successives et de grands bâtiments. Il reste des bas-reliefs et de grands arbres autour desquels des esclaves tournaient (7 fois pour les hommes, 9 fois pour les femmes) avant de prendre la route du non-retour.
Les historiens et les archéologues locaux cherchent et fouillent. Un musée ouvrira en 2026, qui regroupera des œuvres d’art restituées par la France par exemple, et des objets trouvés sur place qui sont pour l’instant préservés comme des trésors.
Mais l’heure tourne dans ces lieux hors du temps. Il faut se « dépêcher » de prendre la route du retour avant la nuit. Le marché artisanal mérite pourtant bien quelques minutes de shopping, avec ses bijoux et ses tissages, tout comme l’usine d’ananas.

Il faut aussi prendre quelques minutes pour la partie de football improvisée dans la rue avec des enfants du quartier. L’heure tourne et de fait, la nuit arrive…En plus de la nuit, c’est aussi un gros orage qui s’abat sur les minibus des 21 MSF et de leurs conducteurs, un orage tropical qui restera mémorable pour tous les passagers du radeau à moteur qui file vers le Sud.La route tempétueuse dans les dédales de l’Histoire continuera demain. Pour l’instant, tout le monde est rentré à bon port… C’est l’heure de reprendre des forces.
C’est dimanche aujourd’hui. Nos 21 membres de MSF reprennent la route de bon matin, direction Ouidah
Ouidah, un peu à l’Ouest de Cotonou, est sur une route, celle que l’on rencontre quand on suit les chemins de l’Histoire : la route des esclaves.
Rendez-vous avec Hippolyte sur la place où les captifs venus de la capitale du Dahomey, Abomay, arrivaient après une marche à pied de 120km. Là, ils étaient vendus à des acheteurs venus d’Europe. Ils étaient marqués au fer rouge et conduits près du littoral où on les embarquait sur des navires négriers.
Hippolyte connaît tous les détails de cette histoire, qu’il a apprise oralement et qu’il transmet comme un « trésor » universel. Il raconte que des personnes venues des Antilles ou des États-Unis font le voyage jusqu’à Ouidah pour connaître le passé de leurs ancêtres. Après plus d’une heure de visite, il nous dépose devant la Porte du non-retour, un moment impressionnant qui ouvre sur l’Atlantique un passage jamais refermé.




La journée continue à Cotonou, la tentaculaire capitale qui déborde de l’énergie de ses habitants. Les 21 MSF viennent y admirer la statue de l’Agojé (l’Amazone) haute de 30m qui impose autant par l’aspect esthétique que symbolique et technique.
Il n’est pas possible aujourd’hui de conter l’histoire du royaume de Danxomè, devenu Bénin, en occultant le passage des Amazones. Ces femmes courageuses, qui au prix de leur vie, avaient défendu leur terre natale, restent graver dans la mémoire des Béninois. C’est pourquoi cette statue érigée en leur hommage a tout son sens.
Au bout de la route, c’est encore l’océan : c’est là que les 21 MSF se rendent pour tremper leurs pieds. Impossible de rester immobile face aux rouleaux de l’Atlantique.


Toute la journée, petits groupes par petits groupes, les MSF suivent sœur Monique dans sa tournée pastorale des hameaux alentours. C’est l’occasion de côtoyer des mamans béninoises et leurs petits enfants, et d’apprendre encore un peu plus de la culture du pays.




C’est une nouvelle semaine qui commence à l’institut Sainte-Marcelline de Golo. Dans la nuit, un orage mémorable a réveillé la région entière. Mais au matin, tout est en ordre : les ateliers initiés en fin de semaine dernière peuvent reprendre.
Chico termine les « caisses à savon, Les médailles, L’écriture de poésies sur le thème des valeurs de l’olympisme
Dans l’après-midi, une délégation des Marcellines sans Frontières sort de l’enceinte de l’établissement pour se rendre à pied à l’école primaire publique. Dans certaines classes, plus de cent élèves écoutent leur maîtresse qui porte son bébé sur son dos. C’est ça aussi, la réalité du Bénin.

Un petit groupe d’une dizaine d’élèves de la classe de CM2 suit un quatuor des MSF jusqu’à la bibliothèque ouverte par l’association. Ils vont découvrir le fonctionnement de ce lieu de savoir, ouvrir des livres, lire des poèmes et jouer à des jeux de société. Le reste de la classe est resté dans ses murs pour travailler sur des acrostiches sur le thème des valeurs de l’olympisme avec le poète Aboubacar et des encadrants des MSF.



Enfin, au bout de la soirée, Emmanuellla et Donatien viennent livrer les premières pièces des costumes et autres ustensiles béninois qu’ils ont confectionnés. Ils appartiennent à l’entreprise Hope Design soutenue par les Marcellines sans Frontières et le groupe entrepreneurial de Nadine et de Nadège. Ils étaient venus voilà quatre jours pour prendre des mesures et des commandes. Les 21 MSF vont pouvoir arborer les plus belles couleurs lors de la soirée béninoise : merci à eux !



Aujourd’hui, les Marcellines sans Frontières ont passé la journée entière en dehors de leur frontière béninoise, c’est-à-dire en dehors de l’enclave de l’école Saint-Marcelline de Golo. Départ tout d’abord vers la cité lacustre de Sô-Ava sur le lac Nokoué.
Les 21 Marcellines sans Frontières, ainsi que sœur Monique et Ruth, embarquent sur des pirogues à moteur vers les maisons sur pilotis qui forment cette cité. L’objectif est d’y déposer des valises remplies de dons à des familles nécessiteuses.
Ce faisant, ils découvrent tout un monde fait de silence(s), de pêcheurs, d’animaux comme ses chiens, des chèvres ou des poules, évoluant sur l’eau ou presque. Les habitants des six districts du lac vivent vraiment à un autre rythme







Cette journée se termine par un match entre les représentants des MSF (et leur joker issue des meilleurs centres de formation brésiliens, sœur Monique) et les professeurs de l’ISM de Golo. La partie, qui se déroule sous une chape de plomb, est engagée, physique et technique. Les deux équipes se rendent coup pour coup au niveau des buts devant un public d’écoliers en folie. Score finale 4 à 4. À la fin tout le monde est content et se serre la main sportivement. L’esprit Olympique est respecté !



En fin de journée, les Marcellines sans Frontières sont allés inaugurer le terrain de volley-ball qui a été financé par l’association et qui se trouve au collège public de la ville de Golo, en présence d’un panel de professeurs. Quoi de mieux pour inaugurer un terrain de volley-ball que de faire… un match de volley-ball ? Une équipe locale contre une équipe de l’ISM de Lausanne par exemple !

Le grand objectif de cette journée c’est une visite à Grand Popo. Le plus court chemin c’est toujours la ligne droite, mais quand un incident survient, tout ralentit

C’est justement ce qui s’est passé ce matin, quand le roulement de la roue avant-droite du minibus numéro 2 a cassé. Les 21 représentants des Marcellines sans Frontières se sont retrouvés comme des « Robinsons » sur le bord de la route en attendant la pièce de rechange. Mais au Bénin on n’est jamais seul très longtemps : plusieurs enfants se sont regroupés tout autour. Un moment de partage s’est instauré avec atelier de scoubidous et de bracelets à perles multicolores.
Tous les visages se sont colorés comme par magie.


Les deux minibus ont pu reprendre la route et, en fin de matinée, s’arrêter dans un village de potier.

Deux jeunes femmes ont fait démonstration de leur talent et modelé deux pièces avec l’aide de leurs bras seulement.
Fin d’une longue journée à Grand Popo.
C’est un autre monde qui s’achève au bout de la lagune de Grand Popo, sur une fine bande de sable qui sépare le fleuve de l’océan, où véritablement on se sent comme Robinson. C’est aussi l’endroit idéal pour piquer une tête dans le fleuve, sous le soleil couchant : une véritable carte postale !


C’est presque la fin. Mais pas encore. Le séjour au Bénin des 21 Marcellines sans Frontières est en train de se terminer.Ce dimanche 29 octobre, la matinée est consacrée à la messe : une messe colorée et au rythme des chansons béninoises dans une église pleine.En début d’après-midi, à 14h, une sélection des All Stars des MSF va défier l’équipe locale de basket-ball coachée par André dans la salle des sports de l’école. Le match est serré et se termine par une victoire des MSF.Puis vient le temps de la fête de l’école. Il est déjà 16h passé et les familles de l’école, parents et enfants, affluent vers la salle des sports, bientôt comble.Le programme est dense et se déroule sans temps-mort ou presque. Body-percussion, démonstration de roller, démonstration de basketball, récitation des poèmes des CM2 sur le thème de l’olympisme, chorégraphie, pièce de théâtre, course de caisse à savon. L’ambiance est festive et même positivement bouillante !Cette fête se termine par un défilé de mode des modèles de Hope Design assuré par des mannequins des Marcellines sans Frontières. Les spectateurs sont ravis et viennent ensuite avec les tops modèles sur la scène centrale danser au rythme de la musique béninoise tous ensemble.

