À la rencontre d’une Sœur entièrement dévouée

Panama | GMG 2019
10 mars 2019
Mexique – Querétaro, Notre mission à Santa Maria de los Cocos
19 janvier 2021

Dal settimanale cattolico La Croix du Bénin del 4 ottobre 2019

Du journal hebdomadaire La Croix du Bénin  4 octobre 2019

 

 

Mois missionnaire extraordinaire
La joie de la mission pour la fécondité de l’Église

 

Face à l’urgence d’un réveil missionnaire, le Pape François a décrété le mois d’octobre 2019 comme Mois missionnaire extraordinaire. Objectif : alimenter l’ardeur de l’activité évangélisatrice de l’Église “ad gentes”. L’Église au Bénin, à travers la direction nationale des Œuvres pontificales missionnaires (Opm), participe à ce renouveau missionnaire suivant une vaste campagne de prise de conscience et de conversion au Christ pour la fécondité de l’Église universelle.

 

 

 

 

 

« À la rencontre d’une Sœur entièrement dévouée »

(article de Stanislas AMOUSSOU, paru dans le journal hebdomadaire La Croix du Bénin du 4 octobre 2019)

Mardi 1er octobre 2019.
À 32 kilomètres au Nord de Cotonou, la cour de l’École Sainte Marcelline, de l’Institut International des Sœurs de Sainte Marcelline était presque déserte. Il était environ 7h30. Dans l’établissement situé dans le village de Glo-Yèkon sur la route Cotonou-Bohicon, on pouvait juste apercevoir quelques enfants dans leur uniforme, chemise ou polo de couleur bleu-ciel sur une culotte, pantalon ou jupe de couleur bleu-nuit. Aussi sur le terrain, en face de la salle des fêtes, se trouvaient une quarantaine d’élèves, tous vêtus d’un maillot jaune avec des bandeaux verts, jaunes, rouges autour de la tête.
Erigée sur un terrain de 3,5 hectares, l’école occupe à peine le 1/5 de la superficie. Elle compte 90 enfants à la maternelle, 352 au primaire et 163 au collège. Elle est dirigée par la Sœur Clarice Baseggio, de nationalité brésilienne. Elle vit dans une communauté de 3 Sœurs dont : la Sœur Maura Lucia Pinheiro de Lacerda (Brésilienne), la Sœur Maria del Rocio Soria Ratia (Mexicaine). La Sœur Clarice Baseggio, la soixantaine, cheveux grisâtres cachés sous un voile tout blanc a une taille moyenne, avec une forme svelte que cache l’uniforme ovale de couleur cendre, boutonné devant de haut en bas. Elle est d’une simplicité olympienne, toujours souriante, aux petits soins de tous les enfants. Un peu taquine mais pleine d’humour, elle conjugue bien ces traits de caractère avec une grande humilité : « Moi je travaille pour l’Institut, et c’est l’Institut qui est missionnaire et non pas moi. Moi je n’ai rien de spécial, je pense qu’il faut prendre une personne bien meilleure pour faire votre portrait », explique-t-elle. Plus tard, elle ajoute : « Pour moi, le missionnaire est comme la fiente qu’on utilise pour enrichir le sol afin que l’arbre se nourrisse et grandisse ».

Des origines au Bénin
L’Institut International des Sœurs de Sainte Marcelline s’est implanté au Bénin depuis septembre 2006. Le Bénin est le seul pays africain dans lequel l’Institut est présent. « Il y avait des Sœurs qui étaient venues à Kandi. Mais après deux ans, elles ont quitté. C’est le père Raymond Goudjo qui nous a fait venir et qui a voulu et veut encore une formation pratique pour les enfants. Il nous a trouvé ce terrain et on s’est installé depuis 2006 », explique Sœur Clarice. Voici alors 13 ans que la Sœur Clarice Baseggio est au Bénin. Elle a fondé et construit l’Ecole Sainte Marcelline. L’Institut intervient dans l’éducation et la santé. Il a pour vocation de faire incarner Jésus à ses lieux de mission dans le travail, la formation et la prière.

Organisation de la journée
Réveillée à 5h, la méditation commence la journée. À 6h10 la prière des Laudes et à 6h30 c’est le départ pour la messe qui commence à 6h45 sur la paroisse Saint Joseph de Glo Yèkon. De retour de la messe, la Sœur Clarice fait la ronde dans la maison. La Sœur Maria témoigne : « On ne la voit pas vite après la messe. Elle fait d’abord le tour de la maison ». « Je fais le tour de la maison pour voir si tout est en place, si les maitres et professeurs sont tous venus. Je contrôle la ponctualité, la propreté. Voir si tout est en sécurité et m’assurer que les enfants ne manquent de rien. Je discute avec les parents d’élèves qui ont des problèmes. Si un enfant fait du désordre, j’appelle les parents. Ou si un est malade, j’appelle ses parents », répond-t-elle. Après ce tour dont l’horaire n’est pas fixe, la Sœur va pour le petit déjeuner avant de revenir dans son bureau pour le secrétariat et la comptabilité. Entre 12h et 14h, la responsable de l’école Sainte Marcelline surveille les enfants pendant qu’ils mangent et se reposent. « Et quand ils retournent en classe alors, le déjeuner en communauté est servi », confie la Sœur. La soirée est meublée de méditation à 18h30, vêpres suivies de chapelet à 19h.

Quelques difficultés
Au Bénin, l’Institut International des Sœurs de Sainte Marcelline n’a pas d’aspirantes et pour cause. « Comme nous sommes des étrangères, les filles pensent qu’elles vont voyager. Or avec l’expérience de l’Institut, il a retenu que les Sœurs soient formées dans leur pays », explique la Sœur Clarice. Car précise-t-elle : « Quand les filles quittent leur pays et vont à l’étranger, elles souffrent trop et ne font pas un bon discernement de leur vocation. Cette souffrance a plusieurs causes : la culture, le climat, la discrimination, la nourriture. Donc l’Institut pense qu’après leur formation, quand elles sont grandes, elles peuvent voyager et aller en mission dans d’autres pays ».