Quatrième lettre soeur Monique Bourget

24 juin, la Saint Jean-Baptiste, fête nationale du Québec !
26 juin 2022
Projet – Bénin – Marcellines Sans Frontières
26 novembre 2022

Voici un très beau secret pour rêver et faire de notre vie une belle aventure. Personne ne peut affronter la vie de manière isolée. [...] Nous avons besoin d’une communauté qui nous soutient, qui nous aide et dans laquelle nous nous aidons mutuellement à regarder de l’avant. Comme c’est important de rêver ensemble ! [...]Encyclique Fratelli Tutti- #8

Agonkessa, 14 octobre 2022

Bonjour à tous,

J’espère que vous allez bien et que vous êtes bien réveillés. (A FON GANDJIA) – Forme de salutation obligatoire en Fon. Il est important de bien s’informer sur les autres. Mais je peine toujours avec cette langue très imagée dont mon vocabulaire est encore très limité, mais je ne perds pas espoir de pouvoir la parler.

La PPE- pastorale de la Première Enfance va bon train, au rythme africain et par la grâce de Dieu. Nous fêterons deux années d’existence le 1` novembre et nous avons des agents se donnant avec beaucoup de générosité dans 5 paroisses différentes ; 3 dans le diocèse de Cotonou et 2 dans le diocèse de Porto-Novo. En tout, 54 agents volontaires accompagnent plus de 800 familles dans lesquelles nous assistons 122 femmes enceintes, 208 enfants de moins de 6 mois et 504 enfants de 6 à 24 mois. Nous fournissons le fer et l’acide folique pour toutes les femmes enceintes et le fer pour toutes les nourrices jusqu’à 6 mois.

Le plus important de ce travail se trouve dans les visites à domicile, mensuelles, moment privilégié durant lequel les agents peuvent orienter les mamans et autres membres de la famille sur l’allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois et surtout sur la prévention contre la diarrhée (nous sommes dans un pic de cas de choléra) ainsi que la prévention de la malaria.

Autres points importants sont l’hygiène, le développement de l’enfant et l’apport de fruits et légumes, qui sont très peu utilisés dans la préparation des repas même étant un pays agricole.

Tout aussi nécessaire est la promotion de la paix dans les familles, qui malheureusement, utilisent encore la violence physique pour l’éducation de leurs enfants ; il m’arrive de voir les marques sur les enfants même à l’école pendant les visites médicales. Je suis témoin que ces changements sont possibles par la transformation et la maturité des agents eux-mêmes qui s’améliorent tous les jours et qui sont les soutiens très précieux dans cette éducation populaire. Mon expérience à Sao Paulo, mon vécu avec la stratégie de la santé de la famille et l’extraordinaire travail de plus de 1200 agents communautaires de la zone est de Sao Paulo me donnent l’assurance de ce Momentum. Toute l’expérience ‘Pastoral da Crianças’ de la Conférence National des Évêques du Brésil de bientôt 40 ans, apportera ‘la Vie et la Vie en abondance’ (Jean 10,10) pour les enfants du Bénin- Le thème de la PPE.

Je me promène donc, de paroisse en paroisse, les fins de semaine, avec quelques-uns de la petite équipe qui a été formée pour donner appui aux agents sur le terrain et fournir les comprimés de fer et d’acide folique. Nous apportons aussi le soutien nécessaire aux cas spécifiques des femmes enceintes qui sont dans l’impossibilité de se préparer adéquatement à l’arrivée de leur bébé. Les soins de santé ne sont pas gratuits et elles n’ont pas l’argent nécessaire pour défrayer les couts de médicament ou d’hospitalisation. Et ces services coûtent très cher. Nombreux sont ceux qui ont besoin de soins hospitaliers : malaria, malnutrition ou tout autre infection. Il n’est pas rare du tout que les enfants arrivent aux soins avec une hémoglobine de 5,0 g/dl, ce qui représente une anémie très grave. (Hémoglobine normale entre 12 et 14g/dl chez les enfants). La malaria est encore la cause de 30% des décès des enfants de moins de 5 ans.

Heureusement, les enfants qui sont accompagnés par la PPE évitent le plus souvent la malnutrition mais nous rencontrons parfois des situations chez des enfants où la malnutrition

est déjà installée. Dans les cas les plus sévères, nous les acheminons vers un centre de récupération des sœurs Camilliennes à Zinvié où ils reçoivent un accompagnement tout en restant hébergés au centre – le coút est de 20 000FCFA par mois et ils doivent y rester pendant 2 ou 3 mois selon les cas. Nous en avons déjà transféré une dizaine à ce centre.

Le cas le plus sévère vient d’y être amené cette semaine. Christine de So-Ava- qui demeure dans une communauté sur l’eau où nous avons commencé quelques activités.

A l’école, nous continuons les activités de l’écologie et avec grande joie nous avons célébré l’acquisition d’un jardin écologique, extension de l’école avec une bénédiction solennelle en juin, poursuivant l’appel du pape dans son encyclique LAUDATO SI. Depuis, une ONG – appelée ONE LOVE- nous aide à organiser le jardin et accompagne les classes qui y passeront au moins une heure par semaine pour apprendre à faire le compostage, préparer le terrain, faire une pépinière, apprendre à nettoyer le terrain des herbes indésirables, soigner les maladies des plantes, éloigner les insectes et parasites de forme biologique et bien súr, cueillir et apprécier tous les produits du jardin grâce au travail des cuisinières de la cantine qui sont aussi impliquées.

Nous avons célébré le temps de la Création suggéré par le pape François du 1er septembre au 4 octobre 2022 en inaugurant le jardin et faisant une visite ouverte avec les parents des élèves qui ont été très enthousiastes à l’idée. Parallèlement nous travaillons à la question du déchet, ayant déclaré l’école, ZÉRO DÉCHET, et nous planifions une série d’action pour y arriver. Nous devons travailler à diminuer l’usage habituel du sachet plastique et de tout autre objet qui ne soit pas recyclable ou biodégradable. Il y a beaucoup de boulot à faire.

Grâce à un don généreux d’une ancienne de la Villa Sainte-Marcelline à Montréal, Jessica Welch, nous avons pu commencer la construction de latrines dans 9 stations- communautés- de la paroisse Saint Joseph où vivent entre 500 et 800 familles par station. Ce sont des communautés très vivantes qui proposent des activités tous les jours sans pour autant offrir aux gens la possibilité de subvenir à leurs besoins. Les gens doivent aller dans les petits arbustes qui se trouvent dans les parages, et maintenant que plusieurs cas de choléra ont été déclarés, il est d’autant plus urgent de travailler avec les communautés pour qu’elles puissent orienter les familles et les aider dans ces actions d’assainissement. Je remercie de tout cœur Jessica qui permet que ce travail d’éducation populaire et d’hygiène soit réalisé. C’est la force du réseau Marcelline qui transforme les réalités.

Le travail de qualité à l’hôpital de Zinvié continue à pas de tortue. Le CODIR – comité de direction a été implanté. Ensemble nous avons pensé et réfléchi sur la mission, sa vision et ses valeurs. L’analyse SWOT – (Strength, Weaknesses, Opportunities, Threats) et un plan stratégique ont été proposés même si, dans le quotidien, les différentes étapes de ce projet ne se sont pas encore concrétisées. Il faut beaucoup de patience et de résilience.

Voilà, un peu de nouvelles et quelques photos du travail réalisé jusqu’à aujourd’hui. Si Dieu le veut, je rêve que tous puissent faire un ‘bain d’Afrique’ et réaliser que nous sommes tous liés les uns les autres et que nous devons bien partager pour que le monde soit un endroit meilleur à vivre. Et je continue de remercier et de prier tous les jours, spécialement pour tous ceux qui sont si généreux dans leur soutien à cette œuvre : bien sûr ma famille, les élèves ‘Ange Marci’ du Collège Sainte Marcelline, les personnes de l’Amitié Sainte Marcelline, et des amis très chers au Brésil, Canada et Italie. Que Dieu vous bénisse tous et vous comble de ses bienfaits ! "Allez de l’avant avec courage et joie !" nous redit le Bienheureux Louis Biraghi

Union de prière                Sr. Monique